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Le blog de Bernard SARLANDIE

Langevin 1ère

27 Octobre 2009, 13:02pm

Publié par Bernardoc

                     Je prends rendez-vous avec mon prédécesseur. J’arrivais avec toutes mes idées pédagogiques…et le premier entretien fut consacré à l’appartement. J’étais assez content car, dans ce vieux Pailleron amianté qui n’avait pas reçu une couche de peinture depuis 1972, l’appartement de fonction était fonctionnel et bien entretenu. Le collège était situé sur un vaste espace arboré qui m’a donné l’occasion, au cours des six ans que j’y ai passés, de ramasser pommes, noisettes ou champignons.

         Lors de la deuxième entrevue, nous avons parlé organisation. J’étais tout surpris de constater que c’était le Principal et non l’adjoint qui fabriquait l’emploi du temps, et encore à la main alors que le collège possédait un calculateur.

         La passation se fit non pas la veille de la pré-rentrée, mais quelques jours avant comme il est de coutume. Je branchais tout de suit le Principal-adjoint sur les détails de l’emploi du temps, car je lui dis que si j’avais choisi de devenir chef, c’était parce que j’en avais assez de construire les emplois du temps, qui étaient pourtant bien réussis si j’en crois les réactions des collègues de Goya. C’est à ce moment-là qu’il m’avoua que mon prédécesseur ne souhaitait pas qu’il s’occupe de l’ emploi du temps car c’était lui donner trop de pouvoir. Quel contraste avec la totale confiance que me faisait Jean-Pierre quand j’étais son adjoint !

         Je proposais que nous nous tutoyions, mais le Directeur de la SEGPA n’y tenait pas, chose surprenante pour un militant socialiste engagé.

         Puis vint le jour de la pré-rentrée : j’avais fait organiser la salle façon conférence, ce qui a choqué certaines collègues qui apparemment étaient habituées à ce que tout le monde soit autour de la table. J’ai donc dû expliquer qu’il s’agissait d’une réunion de présentation et qu’il y aurait beaucoup d’informations « descendantes » avant le dialogue avec l’ensemble du personnel. Il fallait notamment choisir les demi-journées de « post-rentrée » et je proposai deux mercredi après-midi et un samedi matin, en indiquant en quoi consisteraient ces moments de travail. Je fis confiance à Jean-Pierre MARGUET pour constituer les groupes qui devaient mêler les diverses disciplines, la vie scolaire et les enseignants spécialisés de la SEGPA (Section d’Enseignements Généraux et Professionnels Adaptés), une structure que je découvrais.

Et ce n’est pas fini…

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Chef !...

26 Octobre 2009, 11:17am

Publié par Bernardoc

        J’obtins donc un rendez-vous au ministère avec, me semble-t-il, quelqu’un qui est depuis devenu Inspecteur Général de l’Administration de l’Education Nationale. J’ai même négocié la date, car sinon je faisais deux voyages à Paris dans la même semaine. Entrevue chaleureuse et empathique au cours de laquelle j’ai vraiment eu l’impression de ne pas être qu’un « numen ». Je repartis donc à Goya plein d’espoir.

         Avril arrive : catastrophe : maintien sur le même poste. Je sollicitais alors un rendez-vous au rectorat afin de demander à rejoindre mon corps précédent, celui des CPE. Stupeur chez mes interlocutrices, la Directrice des Ressources Humaines et la Directrice des Personnels de Direction. Je leur expliquai que comme on m’interdisait de muter, je ne pouvais pas être promu et qu’un CPE Hors Classe avait un indice supérieur de 50 points au mien, et qu’en plus il pouvait bénéficier d’une Cessation Progressive d’Activité. La conclusion de cet entretien fut que je « déprimais professionnellement ».

         Dernier conseil d’administration à Goya : je vote contre les propositions du Chef et avance d’autres arguments pour je ne sais plus quel sujet. Jean-Pierre, furieux, m’ordonne de venir le voir dans son bureau le lendemain pour m’être les choses au point. Le lendemain, il me dit que lorsque les choses ne vont pas, on en discute avant de façon à présenter une unité au CA. Je lui confirme mon accord sur ce mode de gestion mais lui fait remarquer, exemple à l’appui, que depuis plusieurs années mettre le feu (au sens figuré quand même) dans son bahut était le meilleur moyen d’être muté/promu. Nous en restons là.

         Deux ou trois jours plus tard, coup de téléphone du rectorat à 9 heures du matin pour m’annoncer que le poste du collège Victor Louis de Talence se libère. Je réponds qu’il ne m’intéresse pas car le logement est trop petit. Mais cet appel m’a occupé une bonne partie de la journée. Le ministère s’était étonné auprès du rectorat de mon maintien pour la septième année consécutive, et donc le rectorat bougeait enfin. Donc en fin de journée, je rappelais pour dire que j’acceptai le poste.

         Quelques jours plus tard, coup de téléphone de Jean-Paul JACQUEL, Principal du collège Paul Langevin de Mérignac, qui souhaitait parler à Jean-Pierre. Je supposais qu’il s’agissait de l’AROEVEN, car tous les deux étaient à l’époque membres du conseil d’administration. Jean-Pierre étant absent, on me repasse Jean-Paul qui finit par me dire que j’étais son successeur à Langevin, lui partant pour Victor Louis. Les premiers à qui j’annonçais la bonne nouvelle furent Jean-Pierre et Nicole, et lors du dernier conseil de classe du trimestre, deux jours plus tard, ce fut ma conclusion. Lourd silence, personne ne bougeait. Un collègue, au bout d’un moment, se fit le porte-parole des participants : « C’est une très bonne nouvelle pour vous, mais c’est une très mauvaise nouvelle pour Goya ! ».

         Nicole fit le nécessaire pour m’inclure dans les cadeaux des partants. Au bout de deux jours elle me dit le matin : nous en sommes à telle somme, réfléchis ! En fin de matinée, elle m’annonçait que la somme avait doublé.

         Le pot de départ fut une occasion mémorable ; nous avions trois stagiaires cette année-là qui nous ont gratifié de saynètes théâtrales humoristiques, et comme d’habitude, cette réunion rassemblait l’ensemble des personnels. C’est avec grand plaisir que j’en ai retrouvé une délégation neuf ans plus tard lors de mon départ en retraite.

Et ce n’est pas fini… 

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Petite parenthèse syndicale

23 Octobre 2009, 18:24pm

Publié par Bernardoc

           Je rentre d’une rencontre de cadres européens syndicalistes où nous – l’Ugict-CGT – avons diffusé une charte de l’encadrement dans laquelle je me retrouve complètement : je ne comprends pas pourquoi nous étions si peu d’adhérents à l’Union des Ingénieurs Cadres et Techniciens de la CGT parmi les personnels de direction. Voici ci-dessous le préambule de cette charte, consultable en suivant le lien.

         « Etre cadre aujourd’hui, consiste de plus en plus, à être le porteur et le garant de l’idéologie patronale, à jouer le rôle que les directions d’entreprises tentent de nous imposer, à nous sentir responsable et sans condition, de la mise en œuvre de directives imposées.

         Nous sommes censés laisser au vestiaire nos convictions profondes, notre liberté de pensée et d’opinion, nos droits citoyens les plus fondamentaux.

         Au fur et à mesure que les conditions sont créées pour précariser la situation des cadres, l’exigence d’adhésion à la politique de l’entreprise est plus forte. De même que le patronat pousse pour que le contrat de travail passe d’une mise à disposition de moyens pendant un temps donné, à une obligation de résultats quasi-permanente, le glissement s’opère : nous devrions non seulement engager notre savoir-faire au service de l’entreprise mais également « un savoir-être » prédéfini par une charte « éthique » ou un « code de bonne conduite ». Quelle est cette « éthique » qui vise à priver l’individu de son libre arbitre pour le transformer en exécutant sans aucun droit statutaire ?

         Nous nous reconnaissons comme des salariés, au même titre que les autres. Mais nos fonctions, nos niveaux de responsabilités, notre technicité et notre rôle dans l’organisation du travail nous confèrent une spécificité.

         La CGT des cadres et des techniciens propose un statut de l’encadrement assurant à chacun des droits et libertés garantis collectivement et le plein exercice de ses responsabilités sociales ».

Et ce n’est pas fini…

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Et ma mut' ?

20 Octobre 2009, 14:37pm

Publié par Bernardoc

         J’entamais ma sixième année en tant que Principal-adjoint. Or, j’avais calculé que, si je voulais arriver à l’échelon terminal, je devais absolument muter tous les trois ans puisque, pour les personnels de direction, c’est la condition nécessaire pour obtenir une promotion. Je m’étais donc plié aux visites à la hiérarchie. En effet, comme pour les candidats à l’académie française, il faut que les candidats à mutation aillent quémander avec humilité et hypocrisie les postes convoités. Ils sont alors « positionnés » sur un poste que la hiérarchie consentirait à leur affecter. Ce qui se passe après, je n’en ai pas la moindre idée : mes supérieurs hiérarchiques m’ont plusieurs fois indiqué que j’avais été positionné, et je me retrouvais au mois de mai maintenu à Goya, bien entendu sans aucune explication : c’est ce que l’éducation nationale appelle la transparence ! Je me souviens une année avoir écrit ce que je pensais de cette co-gestion opaque au représentant du syndicat tout-puissant qui m’a répondu en défendant bec et ongles l’administration.

         Heureusement, je pouvais aller m’aérer de temps en temps grâce aux programmes européens. En 1997 je suis parti à Evora au Portugal et en 2000 à Weimar en Allemagne. Mais c’était l’époque où, lorsqu’on participait à des stages nationaux ou internationaux, l’administration locale n’en avait rien à faire, alors que nous étions censés être des démultiplicateurs. J’ai pu le constater lorsque je suis parti avec une assistante sociale en tant que personnes désignées par le rectorat pour participer à un stage national sur « grande pauvreté et réussite scolaire » : nous avions établi un calendrier qui a été bloqué par les services sociaux de l’inspection académique. Alors pendant un an j’en ai parlé en ZAP (Zone d’Animation Pédagogique), dans les stages de formation que j’animais, et puis, moi aussi, j’ai laissé tomber.

         J’en arrivais donc à ma septième année, nos relations avec Jean-Pierre s’amélioraient de jour en jour, et il devenait urgent que je puisse voler de mes propres ailes, la formation que j’avais eue à ses côtés nécessitant d’être appliquée ailleurs. Au moment des demandes de mutation, je reçus un coup de fil du secrétariat de l’IA me proposant un rendez-vous. Je fis remarquer à la secrétaire qu’elle avait mal lu ma lettre et que le rendez-vous que je sollicitais était avec le ministère puisque les précédents entretiens au niveau académique ou rectoral n’avaient servi à rien. Je lui demandais donc de faire suivre ma lettre sans délai à la personne à qui elle était adressée par la voie hiérarchique, c'est-à-dire au ministre.

Et ce n’est pas fini…

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Retour au bercail

19 Octobre 2009, 14:48pm

Publié par Bernardoc

          Au bout d’un an –les délais avaient été tenus- nous avons donc pu réintégrer les locaux rénovés. Avant, se dressaient dans la cour deux tilleuls avec un cercle de terre à leurs pieds : c’était suffisant pour qu’une agent de service anime un club jardin et qu’elle entretienne avec quelques élèves des parterres de fleurs qui étaient parfaitement respectés. Mais pour installer la grande grue au milieu du collège, il avait fallu sacrifier ces deux arbres. L’architecte avait dit qu’ils seraient remplacés par un bosquet à l’un des angles de la cour, du moins c’est ce que moi j’avais compris. C’était une erreur, on n’en était pas encore au développement durable, et arracher des arbres n’impliquait pas de les remplacer.

         Pourtant l’architecte a eu quelques trouvailles, privilégiant la lumière et les espaces couverts. Les salles étaient chaleureuses, la salle à manger silencieuse, ce qui a entraîné le doublement des commensaux. Nous avons été suivis dans certaines de nos demandes, par exemple le maintien des salles de sciences et d’arts plastiques dont la situation et certains agencements convenaient parfaitement, les salles qui n’étaient pas toutes numérotées, mais baptisées : de la salle Louis Lumière (salle polyvalente informatisée, sonorisée et dans laquelle avait été maintenue la cabine de projection qui a permis de faire quelques séances de ciné-club) à la salle Clément Ader (mais dont la plaque indiquait : « C.Ader », ce qui la fit très vite appeler « Kader » par les élèves) pour une des salles de technologie. Nous avons même réussi à convaincre le conseil général d’aménager un labo-photo dans la salle d’arts plastiques car le professeur voulait inclure la photo dans sa progression. Las ! au moment de l’aménager une conduite non indiquée sur les plans a rendu cette création impossible. Résultat : ce sont les toilettes du deuxième étage, condamnées, qui ont rempli cet office.

         Mais il n’a pas été possible de faire comprendre au conseil général que les surveillants du même nom n’existaient plus depuis lurette et qu’ils avaient été remplacés par des Conseillers (Principaux) d’Education, qui avaient parfois besoin de discrétion lors d’entretiens et pas d’être à la vue de tout le monde. Le « bocal »  n’aura donc jamais été utilisé par les CPE : c’est un autre local qui a été détourné de sa fonction première. Dix ans plus tard, le conseil général n’a toujours pas compris, puisque maintenant même les salles de permanence lui paraissent superflues.

         Mais le plus gros « loupé » de la restructuration est la superstructure métallique extrêmement bruyante qui mange un tiers de la cour et qui provoque le genre de réflexions suivantes chez les visiteurs : « C’est Alcatraz ici ? » ou bien « Carcéral ! Où sont les miradors ? ». J’ai eu l’occasion de faire part de ces réflexions à l’élu qui à l’époque s’occupait des collèges au conseil général, il n’a pas vraiment apprécié.

Et ce n’est pas fini…

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La restructuration

18 Octobre 2009, 08:16am

Publié par Bernardoc

          Camille avait demandé (et obtenu ! ) la restructuration, qui serait facilitée par le fait que l’annexe du collège, là où j’habitais, n’était plus occupée. Je dis bien « plus » car en effet, elle avait été squattée, sans que nous en soyons avertis, par le collège St Julien Victoire. Camille avait eu un coup de sang, clamant que c’était lui le patron, et que la moindre des courtoisies aurait été de nous demander l’autorisation plutôt que de nous mettre devant le fait accompli et que la nouvelle ne fût connue que parce que le Principal-adjoint demeurait sur place. Les investigations du Principal, tant auprès de l’inspection académique que du conseil général ne donnèrent rien, puisque c’est lui qui les mit au courant. Nous en déduisîmes que Chaban et le Recteur étant sur le départ, les deux secrétaires généraux (mairie et rectorat) avaient pris le pouvoir et s’étaient entendus en s’asseyant sur la loi de décentralisation pour mettre en danger les élèves de l’enseignement privé.

         En danger ? Mais oui, car avant que les élèves du public puissent intégrer l’annexe du 2 rue des Augustins, il y a eu trois mois de travaux pour mettre les locaux aux normes de sécurité.

         L’annexe étant plus petite que le collège, il allait falloir modifier nos horaires, et nous avons donc travaillé pendant deux ans en journée continue de 8 à 18 heures. J’avais donc lourdement insisté auprès de Camille pour que je puisse avoir un logiciel d’emploi du temps, car si personne ne s’était plein de mes emplois du temps « manuels », avec toutes les contraintes supplémentaires, j’avais peur de priver une classe ou un professeur de son temps de repas, qui serait pris au lycée Montaigne, suite à une habile négociation de Jean-Pierre.

         Bien sûr, nous n’allions pas abandonner le vieux collège sans une journée « portes ouvertes » où nous inviterions tous les anciens qui étaient passés par l’EPS de garçons où les établissements qui avaient suivi. Et il y a eu foule pour cet au-revoir. On avait ressorti les vieux registres et la joie des anciens de retrouver leur nom ou l’impatience de se précipiter dans les classes qui avaient si peu changé depuis quarante ans, faisaient plaisir à voir. La même chose se reproduira un an plus tard et donnera lieu à la publication d’un livre financé par le conseil général.

Et ce n’est pas fini…

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Goya, deuxième époque

17 Octobre 2009, 13:27pm

Publié par Bernardoc

            Camille et moi étions arrivés en même temps, et au cours de la troisième année chacun d’entre nous fit une demande de mutation. Je me doutais bien que nous avions peu de chance de muter tous les deux, mais je me disais que j’avais mes chances et que le patron resterait au moins pour une génération d’élèves, ne serait-ce que pour voir les résultats au Diplôme National du Brevet, car nous avions commencé avec un taux de 25% de réussite…dont nous ne nous sentions pas totalement responsables. Et bien, je me trompais une fois de plus sur la pertinence rectorale dans la Gestion des Ressources Humaines : c’est le chef et non l’adjoint qui obtînt sa mutation.

         Un nouveau patron, Jean-Pierre REYNAUD, arrivait du collège de Monségur dans le sud-Gironde. Je le croisai la première fois à une réunion du GCU (Groupement des Campeurs Universitaires), car la Gironde organisait cette année-là le rassemblement national, mais il n’avait pas envie de parler du collège en ce lieu.

         La première année fut rude : Jean-Pierre arrivait avec toutes ses disquettes de Monségur, et nous l’avons souvent entendu Nicole et moi répéter qu’il n’avait jamais vu un bahut fonctionner de façon aussi merdique (ce n’est pas une citation). Combien de fois Nicole n’a-telle pas pleuré et combien de fois n’ai-je pas dû serrer les dents pour ne pas l’envoyer paître, car nous l’avions mauvaise, nous qui faisions de notre mieux depuis trois ans pour essayer de redonner du lustre à cet établissement ?

         Pourtant, Goya continuait de tourner, et même s’il me semble que souvent j’ai pu servir à arrondir les angles, les tâches étaient mieux définies et on sentait une volonté d’aller de l’avant dans la concertation. De plus, Jean-Pierre, qui arrivait d’un collège où il était seul, me confiait des dossiers qu’il me laissait mener à leur terme sans interférer, le bilan se faisant à la fin. C’était avant les « lettres de mission » et cela lui valait parfois des retours de l’administration à qui il devait expliquer que le Principal-adjoint était personnellement en charge de dossiers et que c’est moi qui apparaîtrait dans les réunions et non lui. Il avait coutume de dire que nous étions deux Principaux et qu’il y avait un chef et un adjoint, formule que j’ai utilisée et tenté de mettre en pratique lorsque je suis enfin devenu chef à mon tour.

         C’est au cours de cette quatrième année que les travaux de rénovation eurent lieu.

Et ce n’est pas fini…

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Troisième parenthèse "actuelle"

16 Octobre 2009, 21:02pm

Publié par Bernardoc

 

         Ca y est : je viens de faire ma première manif’…de retraité ! Je siégeais au titre de la MGEN à la Commission Départementale de l’Action Sociale à l’inspection académique, mais j’avais prévenu que je devrai partir avant la fin pour un autre rendez-vous.

         Le rendez-vous était devant le grand théâtre, à l’appel de la plupart des organisations syndicales et des organisations spécifiques de retraités. Nous étions au départ environ deux fois plus nombreux me semble-t-il que lors du rassemblement « pour le travail décent », et j’ai eu l’impression que le cortège a gagné en force lors du défilé qui nous a conduit jusqu’à la mairie de Bordeaux en passant par la rue Ste Catherine, la rue des Trois conils et la place Jean Moulin ; un petit tracé donc, mais suffisamment de drapeaux et de sono pour ne pas passer inaperçus.

         Radios et télévisions étaient là, mais comment cela a-t-il été retranscrit ? C’est bien entendu quelque chose que les organisateurs ne maîtrisent pas.

         Il y a eu quelques prises de parole au début, retraités mais aussi actifs, qui ont fait remarquer la calamiteuse politique gouvernementale, qui encourage le cumul entre une maigre pension de retraite, désindexée pour les fonctionnaires des augmentations salariales, et un emploi complémentaire pour arriver à joindre les deux bouts. Il faut dire qu’avec le déremboursement des médicaments, l’augmentation du forfait hospitalier, la participation des malades (et non pas comme l’exigerait la solidarité, les bien-portants) au financement de la sécurité sociale, ceci devient quasiment une obligation. Quand on voit la façon dont se goinfrent les dirigeants des grandes entreprises, les rémunérations que certains jeunes de niveau Bac+1 s’apprêtent à toucher et le traitement de départ d’un enseignant recruté à Bac+4 ou 5, il est temps de dire : « STOP ! » et ce n’est pas nous les vieux qui arriveront à faire bouger les choses tous seuls. Il faut un grand mouvement d’ensemble, seul capable de redonner à l’ensemble de la population, notamment les plus défavorisés, la dignité qui leur est due de la part de la nation. La première mesure solidaire serait de mettre fin au bouclier fiscal et de mettre en place un autre bouclier, solidaire celui-là : le bouclier social.

Et ce n’est pas fini…

 

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Les réseaux

15 Octobre 2009, 11:25am

Publié par Bernardoc

          Le collège Francisco Goya est situé en Zone d’Education Prioritaire, et contrairement à l’habitude, ce n’était pas le Principal qui était le responsable, mais l’Inspectrice de la circonscription. Il s’agissait d’une ZEP réduite : une seule école primaire et maternelle sur les trois de notre secteur de recrutement, le collège et le LP des Menuts.

         Rappelons que les Zep avaient été créées par Alain SAVARY, qui dans la cadre projet avorté de grand service public unifié et laïque d’éducation nationale, voulait ainsi donner plus à ceux qui avaient moins. Goya étant le collège de St Michel, quartier d’immigration de Bordeaux depuis le XIV° siècle, correspondait donc parfaitement à ces critères. La mixité sociale était cependant préservée grâce aux deux autres écoles primaires de notre secteur, situées dans des quartiers plus bourgeois (cf les résultats dans les bureaux de vote de ces secteurs). Encore fallait-il que les parents consentent à nous envoyer leurs enfants, ce qui n’était pas gagné et c’est sans doute pour cela que le Principal ne voulait pas mettre la ZEP en avant.

         Mais les réseaux, ce n’était pas uniquement les établissements scolaires. Ils incluaient aussi la bibliothèque municipale de quartier, le centre social et d’animation, les services sociaux de la ville ainsi qu’une bonne partie du tissu associatif. Travailler avec tous ces gens-là a été très formateur et j’ai eu l’occasion de mettre en pratique cette volonté d’ouverture sur l’extérieur dans les deux collèges que j’ai dirigés par la suite, même si les conditions étaient différentes.

         Le tissu associatif était si dense que lorsqu’on nous a sollicités pour participer à « Ecole ouverte », Camille n’a pas souhaité que nous nous y associions car la prise en charge des nos adolescents lui paraissait suffisante hors temps scolaire. L’arrivée de JPR au bout de trois ans a permis un changement de cette politique et nous avons alors pris toute notre place dans ce dispositif, grâce à la volonté d’enseignants…qui n’attendaient que d’être sollicités, la réussite des élèves par tous les moyens, y compris détournés, faisant partie, comme je l’ai dit plus haut, de leur objectif primordial.

Et ce n’est pas fini…  

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Redonner la parole

14 Octobre 2009, 09:23am

Publié par Bernardoc

          La prise de fonction se déroula parfaitement ; une des qualités qui me sont reconnues est la faculté de communiquer de façon directe, positive et avenante avec la plupart des gens, jeunes ou adultes. Je distribuai les emplois du temps dont je n’étais pas responsable et qui avaient été sous-traités par une personne en Contrat Emploi Solidarité avec le logiciel…du lycée Saint Louis ! Ayant eu six mois de formation, je m’estimais sûrement davantage prêt à jouer mon rôle que les néo-recrutés d’aujourd’hui (à tous les niveaux) qui se retrouvent devant une classe, un groupe ou des enseignants sans avoir reçu une quelconque initiation autre que livresque.

         Le collège Francisco Goya, ancienne Ecole Primaire Supérieure de garçons, était une vieille maison, avec une longue histoire. A notre arrivée, au moins trois professeurs étaient d’anciens élèves de cet établissement. Il y avait une grande stabilité du personnel, certains étant présents depuis le début de leur carrière, qu’ils termineront là. Sous une apparente bonhomie, il y avait cependant deux clans : les « pédagos de choc », qui s’étaient baptisés « la bande des quatre » et les autres, sans doute plus timides, mais tout autant pédagogues et qui avaient peur de s’affirmer.

         Le projet d’établissement était très solide et avait été bâti après une étude minutieuse des conditions de vie et de travail des élèves, avec un objectif ambitieux de réussite pour ces enfants majoritairement défavorisés, voire très défavorisés. Or ce projet d’établissement n’était pas maîtrisé par l’ensemble de l’équipe car, vous vous en doutez, il avait été verrouillé par la bande des quatre. Mon premier projet était donc de redonner la parole à l’ensemble du personnel et de les conduire à s’approprier, quitte à l’infléchir, ce projet d’établissement.

         Curieusement, je fus aidé dans cette tâche par le Ministre de l’époque, François BAYROU, qui lançait sa consultation sur l’école, qui devait aboutir au Nouveau Contrat pour l’école et ses 148 propositions, dont une, la banalisation d’une journée par trimestre pour réfléchir en équipes, que j’ai plusieurs fois utilisée lorsque j’ai dirigé le collège Paul Langevin de Mérignac. Cette réflexion sur l’école devait se dérouler de façon transdisciplinaire et je dois ici rendre hommage à Camille FROMONT, le Principal, qui s’est opposé à la venue des corps d’inspection en ordre dispersé, mais a exigé qu’ils viennent à plusieurs afin que nous tous puissions entendre le même discours éducatif et non des discours séparés dans lesquels primerait la didactique des disciplines.

         Donc, je peux dire qu’au bout d’une année, l’équipe enseignante était davantage unie qu’à mon arrivée.

Et ce n’est pas fini…

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