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Le blog de Bernard SARLANDIE

La charnière entre deux séjours

25 Septembre 2009, 22:12pm

Publié par Bernardoc

         Juin 1986 : l’heure du congé administratif avait sonné. Nous partions sans attendre la fin de l’année scolaire, selon les ordres du ministère, pour bénéficier de tarifs minorés.

         A cette époque, nous avions droit à la deuxième partie de notre prime de séjour (six mois et demi de traitement non indexé) au départ, ainsi qu’à un déménagement aller-retour vers la métropole. Au retour, nous touchions la première partie de la prime du deuxième séjour. Inutile de dire que nous ne nous étions jamais sentis aussi riches que pendant ces vacances. Nous avons loué une Renault 21 avec laquelle nous avons sillonné la France et je n’arrêtais pas de me dire c’était un beau pays, alors que la majorité des gens nous enviaient notre confetti du Pacifique.

         Mi-août : moment du retour pour être présents pour la rentrée.  Maeva allait retrouver Tao, sa nounou, Estelle allait retourner au CE2 pour continuer à écrire que « Tihoti ramait la pirogue » ou que « Tina pédalait la bicyclette », tout en enrichissant son vocabulaire de gros mots tahitiens. Mais au moins elle continuait de nous parler avec un accent popa’a, le franco-tahitien étant réservé aux conversations avec ses camarades.

         Nous avions laissé notre fare à deux familles de collègues pendant nos vacances : une des Marquises et l’autre étant un ancien de BoraBora qui avait fait souche à Tahiti. C’est quelque chose qui se pratiquait beaucoup, et qui permettait de visiter les îles de façon relativement bon marché, les prix des hôtels étant peu compatibles avec nos salaires (même indexés ! ). Pour ceux qui n’avaient pas cette possibilité, le Club Med offrait à l’époque le meilleur rapport qualité/prix sur l’île. Il avait la particularité d’être ouvert aux gens de BoraBora, suite à une gentille et amicale pression de certains résidents. Avec celui de Moorea, il avait aussi contribué à fournir un certain nombre d’enseignants aux différents CETAD, grâce aux compétences des GO,  qui n’avaient parfois qu’un très lointain rapport avec les disciplines des concours de l’Education nationale, que certains ont pourtant passés et brillamment réussis.

         En route donc pour la deuxième ligne droite, avec un personnel renouvelé à 50% par rapport à notre première arrivée.

Et ce n’est pas fini…

 

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Sortons du nucléaire

24 Septembre 2009, 21:45pm

Publié par Bernardoc

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Le début de l'ère Duranton

24 Septembre 2009, 19:10pm

Publié par Bernardoc

          Début de la troisième année : il fallait songer à faire le dossier de renouvellement de séjour. J’en profitai aussi pour demander mon inscription sur la liste d’aptitude de censeur de LEP, mais je ne fus pas celui qui fut coopté. Le nouveau Principal avait des méthodes différentes du précédent, plutôt du style « Allez, on pousse dans la mêlée », mais je me suis fort bien entendu avec lui, et il sera aussi un de mes inspirateurs. Il arrivait de St Jean de Luz et son collège était informatisé. Nous étions à la rentrée 1985 et il voulait nous faire profiter de ses compétences en informatique, si bien que pendant quelques mois, le collège de BoraBora fut le plus en pointe du territoire pour ce qu’on appelait pas encore les NTIC.

21939 1322580738780 1058686208 31019330 891277 s         Je crois que ce fut cette année-là que nous organisâmes notre voyage scolaire à Hawaï, en fait à Honolulu sur l’île de Oahu. Nous partîmes une cinquantaine…et nous revînmes de même. Quelles découvertes pour nos élèves : les avions pour certains d’entre eux, et la ville, une ville propre malgré le nombre de touristes. Dès le premier soir, ils partirent, accompagnés du surveillant à la découverte de leurs environs immédiats, au milieu des grands bâtiments, alors que sur leur île, à l’époque, il devait y avoir deux maisons à étage !

         Nous n’avions pas retenu de restaurant, nous en changions chaque jour et la réaction était toujours la même : quand ils nous voyaient débarquer à cinquante, ils avaient un moment d’hésitation, puis ils nous faisaient cadeau du dessert ou d’une remise sur la facture ; l’accueil : une vraie tradition de ce fenua-là !

         Je profitais de cette semaine pour valider plusieurs modules d’anglais à mes élèves, car je les avais prévenus que je ne serai pas leur traducteur, mais un observateur attentif. Je suis simplement intervenu une fois quand une élève a été désarçonnée par le prix demandé pour un sac qu’elle souhaitait acheter : le marchandage ne fait pas partie de leurs traditions.

         La professeure de tahitien qui nous accompagnait a fait beaucoup d’affaires : les prix n’avaient rien à voir avec ceux de son île : elle est donc revenue avec un carton d’environ un mètre-cube pour contenir ses achats et un certain nombre de montres à chaque bras ! Je ne suis pas sûr qu’elle ait fait la relation entre les impôts que payaient les Américains et les taxes d’importation qui complétaient le budget issu de la métropole sur le territoire…

         Quant à moi, je suis revenu avec quantité de matériel qui fut abondamment utilisé lors de stages pédagogiques d’anglais au cours des années suivantes.

Et ce n’est pas fini…

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Les deux premières années

23 Septembre 2009, 16:47pm

Publié par Bernardoc

          Avant de partir, Rose avait écrit à Tahiti pour demander un poste d’infirmière. La réponse était : les postes sont réservés aux résidents. Donc, en arrivant, même lettre disant : « Ca y est, je suis résidente ! ». Réponse : il n’y a pas de boulot à BoraBora.

         Or voici qu’au moment où elle tomba enceinte, une adjointe de soins prit un congé de maternité. Et voilà donc Rose transformée en « taote vahine », avec gardes et accouchements nocturnes. La naissance de Maeva correspondit au retour de l’adjoint de soins, mais une infirmière partait pour Tahiti. La direction de la santé décréta donc que dès la naissance Rose pourrait la remplacer. Et bien ils attendirent le délai légal du congé de maternité, et elle reprit du service.

         Entre temps Maeva avait eu un problème digestif, ce qui entraîna son baptême de l’air à six semaines.

         Peu de temps après, alors que nous avions parlé à nos propriétaires de la venue de mes parents et de la famille de ma sœur pour juillet et août, et que nous nous demandions bien comment nous ferions pour les loger dans nos deux chambres, ils nous signifièrent notre congé (heureusement que nous avions signé un bail devant le commandant de la brigade de gendarmerie, officier d’état civil) car ils venaient de se rendre compte que louer à la journée ou à la semaine rapporterait beaucoup plus que louer au mois. Nous trouvâmes rapidement, et pour le même prix ! un fare avec quatre chambres tout près du collège.

         Nous déménageâmes à la fin de notre préavis et partîmes accueillir notre famille à Tahiti : c’était une bonne année, car ils arrivaient au beau milieu du Festival des arts du Pacifique, délocalisé pour cause d’émeutes en Kanaky. Nous eûmes donc droit à des prestations souvent impressionnantes de ce qui se faisait de mieux de Pâques à la Nouvelle-Zélande, de Wallis et Futuna à l’Australie…

         Remarque de ma sœur en débarquant : « Vous ne nous aviez pas dit que c’était si beau ! » Pendant huit semaines sur les neuf qu’ils ont passé, nous avons pu organiser quelque chose de nouveau chaque jour, la dernière semaine le travail avait repris pour moi avec un nouveau patron, ancien prof de gym celui-là.

Et ce n’est pas fini…

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Le paradis ?

18 Septembre 2009, 17:09pm

Publié par Bernardoc

         Après cet accueil sympa, il fallait se mettre à la recherche d’un logement. C’est à ce moment-là que l’on me dit qu’une voiture semblait nécessaire sur l’île (qui fait 32 km de tour), surtout avec des enfants car soit on habite à la plage et il faut un véhicule pour venir faire les courses chez le Chinois, soit on habite au village et il faut une voiture pour aller à la plage. Chaperonné par le coordonnateur du CETAD, je fus contraint d’accepter le seul fare qui restait à louer sur l’île, à la pointe Matira. Le hic était que la location était 30% plus chère qu’ailleurs, mais je n’avais pas le choix. Avant de trouver une voiture, j’achetai une Vespa car le collège se trouvait à sept kilomètres.

         La rentrée se déroula bien, l’ambiance semblait bonne et le Principal, qui arrivait des Marquises, accordait d’emblée sa confiance au personnel. C’était un ancien professeur de musique qui menait l’établissement avec la finesse d’un chef d’orchestre. C’est une des personnes qui a confirmé ma volonté de devenir chef d’établissement.

         Ce qui m’a surpris, c’est que je passais d’environ deux cent vingt élèves par an à une quarantaine. L’enseignement se devait donc d’être individualisé et nous validions périodiquement des unités de valeur. Si le cours était le même pour tout le monde au début de l’année, bien vite on arrivait à quatre ou cinq cours différent dans la même classe en fonction de la progression des élèves.

         Dans nos vingt et une heures de travail étaient incluses une heure de travail en commun avec les professeurs d’atelier et une heure de concertation (qui avait du mal à être contenue en deux heures). Les CETAD étaient rudement en avance, même sur les Lycées d’Enseignement Professionnel.

         Nos élèves, issus de la classe de 5ème, passaient, au bout de trois ans, un C.A.D (Certificat d’Aptitude au Développement) ou un C.A.Professionnel au D., option Activités Familiales Artisanales et Touristiques. Cela se traduisit notamment par la construction et la gestion d’un gîte rural…poliment décliné par un Inspecteur de l’Education Nationale qui préféra passer la nuit dans un des trois hôtels quatre étoiles qui existaient sur l’île à l’époque. Mais dans ces hôtels, il retrouvait nos anciens élèves, car l’excellence de notre enseignement étant unanimement reconnu, nous devions résister aux tentatives des hôteliers qui, à partir de Pâques, auraient bien aimé embaucher nos élèves avant la fin de leur cursus et donc l’obtention de leur diplôme.

Et ce n’est pas fini…

 

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La parenthèse polynésienne

17 Septembre 2009, 22:18pm

Publié par Bernardoc

         En rentrant du Ghana à l’été 1977, nous nous étions promis de repartir dans le monde après ma titularisation. Entre temps, Estelle est arrivée et Rose a accompli ses études d’infirmière. Il a fallu attendre son succès pour que je puisse faire une demande, ce qui lui a permis d’exercer autour du cours de l’Yser à Bordeaux pendant une année (qui ne sera pas prise en compte pour sa retraite). J’ai donc fait plusieurs dossiers, demandant des postes du Canada jusqu’aux Seychelles en passant par la Polynésie. Dans ce territoire, il y avait trois postes (dont un double) en Lettres-anglais. Je me disais donc que si ça marchait, j’irai à Faaa, ville de l’aéroport, dirigée par Oscar TEMARU, qui depuis a fait son chemin.

         Et bien, contre toute attente, je fus nommé à BoraBora, au CETAD (Centre d’Education aux Technologies Appropriées au Développement), une sorte de mini-LP adossé à un collège. Naïvement, je pensai que, si j’avais été affecté dans cet établissement, c’était grâce à mes expériences antérieures, et que mon profil correspondait au type d’enseignant recherché. Et bien non ! Cela aurait impliqué que l’Education nationale gère ses ressources humaines avec une certaine clairvoyance et en tenant compte des compétences. Foutaise ! Si j’ai abouti à BoraBora, c’est parce que mon prédécesseur était là depuis deux ans et qu’il ne supportait plus de vivre au bord du lagon, avec sa pirogue amarrée à deux brasses. Il était donc prioritaire pour obtenir une mutation et me libérer la place !

         Je suis parti seul pour voir où je mettais les pieds, Rose et Estelle devant me rejoindre un mois plus tard, quand j’aurais trouvé un logement.

         Arrivé vers quatre heures du matin à Tahiti, je découvris l’accueil fleuri…pour ceux qui étaient attendus, ce qui ne fut pas mon cas : le responsable territorial du Snetaa-Fen devait être le seul représentant syndical à ne pas être présent.  Au bout d’un moment je fus pris en charge par le responsable du BETPED (Bureau d’Etudes Techniques Pour l’Education au Développement), qui m’emmena déjeûner avec des responsables du Vice-Rectorat. Je fus étonné du tutoiement colonialiste utilisé envers les serveuses tahitiennes. Je découvris par la suite que c’était en fait le mode de communication en cours, et entre tout le monde, sur l’archipel.

         En attendant de prendre mon avion d’«Air Po(lynésie) » pour terminer mon voyage, Jean-Pierre (un autre ! ), qui était arrivé à Tahiti juste avant un cyclone, me fit faire une grande virée pour me montrer les dégâts causés par celui-ci. Après une bonne douche et un copieux repas, Jean-Pierre fit le nécessaire pour que je sois, moi aussi, accueilli à BoraBora. Le téléphone étant une denrée rare sur l’île à l’époque, il prévint le pharmacien qui avertit les collègues du collège de Vaitape.

         Après un vol relativement court en Fokker (quelle différence avec le 747 transpacifique ! ) et trois quarts d’heure de navette maritime, j’eus droit à mes colliers de fleurs en débarquant sur le quai de Nunue. Une « aventure » de six ans commençait !

Et ce n’est pas fini…

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Petite parenthèse "actuelle"

16 Septembre 2009, 22:19pm

Publié par Bernardoc

          Trop de salariés de France Télécom se suicident, mais même s’il n’y en avait qu’un, ce serait un de trop. Le stress et les méthodes de la direction ont été reconnus comme responsables. Dans l’Education nationale, ce n’est peut-être pas autant médiatisé (l’EN emploie –encore- plus de monde que FT) mais cela existe. Les petits chefs existent aussi à tous les niveaux, de même que le stress provoqué par les conditions de travail qui empirent d’année en année.

         Participant à un colloque initié par la MGEN il y a deux ans, j’y ai appris que ce qui guettait les enseignants, et pas forcément les plus fragiles, c’était l’épuisement professionnel, qui se traduit par une baisse des « performances », puis par des arrêts maladie et enfin, dramatiquement, par un infarctus.

         Durant mes années de direction, on a muté vers les établissements où je travaillais plusieurs collègues en grande détresse pour ne pas dire au bout du rouleau. L’accueil était capital pour conforter et remettre en selle ces enseignantes (et oui la population enseignante est très féminisée). Mais quel bonheur de les entendre au bout d’un ou deux ans dire combien elles appréciaient de s’être senties soutenues dans leurs activités. L’une d’entre elles, que j’ai cependant convaincue de ne pas prolonger sa carrière malgré une très bonne inspection à moins de deux ans de la retraite, est partie en disant qu’elle partait réconciliée avec l’Education nationale qui l’avait pourtant mis bien bas. Une autre, qui a failli s’effondrer lorsque je lui ai fait signer un catastrophique rapport d’inspection en début d’année, m’a demandé un rendez-vous après la sortie de juillet et m’a déclaré : « Vous m’avez réhabilitée » et m’a appelé deux ans plus tard pour m’annoncer son passage à la hors-classe. J’ai eu beau lui dire que je n’y étais pour rien, elle m’a quand même couvert de remerciements. Une troisième, que nous avons essayé de remettre en selle petit à petit, mais ce fut un travail de trois ans, m’a plusieurs fois dit combien elle se sentait bien.

         A contrario, il y a eu plusieurs collègues, notamment à Zola, qui m’ont dit combien leur intégration avait été difficile dans ce collège où il était difficile de nouer des relations et la mélancolie (euphémisme ! ) qui les envahissait en rentrant chez elles le soir.

         Fort heureusement, je n’ai rencontré au cours de ma carrière aucun de ces drames qui jalonnent France Télécom…Et même moi j’y ai échappé, mais ce ne fut pas facile : le harcèlement dont j’ai été victime au cours de mes trois dernières années d’activité fut très éprouvant. Il est difficile d’admettre qu’après trente sept ans d’engagement avec des rapports élogieux, et en trois mois de temps, vous deveniez le pire cadre que l’Education nationale ait jamais hébergé en son sein. Heureusement, j’étais bien entouré tant par ma famille que par  mes amis et camarades qui me connaissaient depuis deux décennies et qui m’ont permis de résister victorieusement à toutes les manœuvres de dénigrement que j’ai dû subir en approchant de la soixantaine.

Et ce n’est pas fini…

 

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En guise de bilan

14 Septembre 2009, 14:22pm

Publié par Bernardoc

          Lorsque j’étais arrivé au collège Emile Zola, ce qui m’avait frappé c’était que, alors que plus de neuf élèves sur dix avaient eu le Diplôme National du Brevet, moins de deux élèves sur trois étaient orientés en 2nde générale et technologique. J’étais tombé dans un collège vraiment élitiste !

         Trois ans plus tard, pratiquement 80% des élèves intègrent une 2nde GT et un peu plus de 80% obtiennent le DNB. Les chiffres se sont rapprochés, mais le hiatus vient du fait que, par rapport à la population favorisée qui fréquente ce collège, le taux de réussite attendu était de presque 89%. Il y a donc un écart de 5 points entre les deux taux. En revanche, concernant les mentions, le collège se situe 15 points au dessus des moyennes départementale et académique.

         Tentative d’explication : l’élitisme n’a pas disparu, et le collège Emile Zola travaille toujours comme un « petit lycée » pour bons élèves, qui réussiraient probablement quel que soit le collège public qu’ils auraient pu fréquenter. En revanche, toute une fraction d’élèves (les quelques 20% issus des milieux défavorisés), est restée « au bord du chemin ».

C’est un de mes plus gros échecs : n’avoir pas réussi à inverser cette tendance. Pourtant, je suis arrivé l’année de mise en place des Projet Personnalisés de Réussite Educative (PPRE). Deux enseignantes de 6ème ont participé à un stage, mais n’ont pas mieux réussi que moi à faire passer la philosophie de ces PPRE qui devaient être mis en place à moyens constants. Comme la première année certaines collègues étaient en sous-service, le PPRE devenait la prise en charge des élèves en difficulté par ces enseignantes. J’ai même dû freiner cette prise en charge, car trop collective, la « personnalisation » devenant alors insuffisante.

Après un recadrage la deuxième année, un fois qu’il était admis qu’un PPRE devait recouvrir des objectifs, à mettre en place avec les familles, puis un bilan régulièrement fait, le nombre a brusquement chuté : c’était une charge supplémentaire sans augmentation de l’ISOE (Indemnité de Suivi et d’Orientation des Elèves).

Il me plaît d’imaginer que la prochaine fois que nous aurons un gouvernement qui cherchera à reconstruire le service public, dans le service des nouveaux enseignants qui seront massivement recrutés, figureront, en plus des 15 heures devant classe entière, deux heures de concertation et deux heures de prise en charge des élèves en difficulté. Il n’est pas interdit de rêver, non ?

C'est un peu ce que m'a écrit une collègue qui s'est arrêtée un an après moi et qui fêtait cela au même moment que Rose : "J'aurais aimé saluer [votre] militantisme laïc et la force de convictions auxquelles beaucoup de gens de notre génération ont cru ou croient encore".

Et ce n’est pas fini… 

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Parce qu'il n'y a pas que les bonnes choses qui ont une fin

13 Septembre 2009, 21:37pm

Publié par Bernardoc

              Et oui, en 2009 j’ai 60 ans : place aux jeunes car,  comme dit la CGT : « Mieux vaut payer des retraités que des chômeurs » et je ne vais pas entraver le développement professionnel de mes cadets.

 

 

         Donc, dans une première étape, le 23 juin, j’ai eu droit à un concert offert par la chorale de deux 6ème, le Big band et l’Harmonie de Mérignac. C’était le cadeau du Principal-adjoint et ce concert en plein air dans la cour de récréation du collège a attiré la foule : de nombreux parents, quelques professeurs, le directeur du conservatoire de Mérignac, les Principales d’un collège de Mérignac, l’Inspecteur général honoraire de musique (sous la direction duquel j’avais eu le plaisir de chanter Le Roi David), le Maire et plusieurs adjoints ou conseillers et…mon successeur ! Puisse cette initiative populaire (il y avait davantage de public à la fin du concert qu’au début) être reconduite sans attendre son départ à la retraite !

         Les festivités se poursuivirent une semaine plus tard lors du repas des ATOSS avec la remise des cadeaux de leur part avec une carte hommage que je ne peux m’empêcher de citer : Heureuse retraite

Les rêves finissent par se réaliser !

Derrière vous une vie de travail, devant vous, la sérénité !

Adieu réveil, stress, machine à café !

Bonjour le temps de goûter à l’exaltation des voyages, à la douceur des hivers au soleil, aux soirées interminables et aux passions enfin assouvies !

Nous vous souhaitons des jours heureux emplis de liberté !

Monsieur Bimbert vous souhaite une bonne retraite.

Monsieur Kerzazi vous souhaite une très bonne retraite.

Bonne et heureuse retraite, profitez bien de vos jours. Melle Augustin Karine

Profitez bien de votre retraite Sylvie

Monsieur Sarlandie, maintenant vous aurez tout le temps de faire ce que vous avez envie et faîtes-vous plaisir car le temps passe très vite. Mr LORENZINI

Belle et heureuse retraite à vous Audrey Cots

Bonne chance pour le reste, amitié Mme Deneux

Bonne retraite Bey

         Le troisième épisode, prévu depuis novembre, était le 1er juillet. C’est ce jour-là que je souhaitais honorer les gens avec qui j’avais aimé travailler ou militer depuis que j’étais arrivé en Gironde en 1977. Je ne vais pas tous les citer, mais j’ai été très touché qu’Alain MAROIS, vice-Président du Conseil général traverse tout le département depuis St Denis de Pile pour venir à cette réunion ; il en est de même pour Luc PABOEUF, le Président du Conseil Economique et Social Régional, qui m’a toujours accordé sa confiance ; Ghyslaine RICHARD responsable nationale du pôle école de la CGT et ancienne secrétaire départementale de l’Ugict ; Jean-Gilles GREGOIRE, le secrétaire général du GCU (Groupement des Campeurs Universitaires) avait fait le déplacement. Outre les responsables départementaux de nombreuses associations, j’avais également invité le Conseil d’Administration (dont certains membres ont eu la décence de ne pas venir), ainsi que Jean-Pierre COURBIN, mon alter ego qui s’arrêtait en même temps que moi et deux précaires qui venaient de réussir le Capes pour l’une et le concours de CPE pour l’autre : c’était une manière de passer le flambeau.

         Le lendemain, il y avait le traditionnel pot de sortie du collège suivi pour les retraités par une réception à la mairie pour ceux qui partaient : de nouveau nous avons pu Jean-Pierre et moi apprécier la chaleur et la convivialité qui caractérisent la vie haillannaise en recevant nos cadeaux et la médaille de la  ville.

         Le 3 juillet il y avait le désormais habituel buffet du Recteur au Lycée des Graves avec remise de la médaille de l’académie, mais une fâcheuse altercation m’ayant mis en état de choc, je n’ai pas pu m’y rendre malgré mon désir de saluer une dernière fois certains collègues. Tant pis ; refondue, elle pourra resservir pour quelqu’un d’autre.

Et ce n’est pas fini…

 

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Le bonheur à Zola

10 Septembre 2009, 20:23pm

Publié par Bernardoc

 

          Et oui, il y en a eu malgré tout, notamment au cours de ma dernière année.

         Ce fut d’abord l’accueil de jeunes et nouveaux professeurs, titulaires ou non, qui apportaient du sang neuf et que j’encourageai vivement à s’investir en leur précisant qu’il n’y avait pas de « prime à l’ancienneté » et que je soutiendrai leurs projets de mon mieux. J’indiquais également aux vacataires qu’il n’était pas souhaitable qu’ils participent aux rencontres parents-professeurs comme aux conseils de classes, pour lesquels ils n’auraient pas d’indemnité d’autant plus qu’en cas d’accident, ce ne pourrait être en aucun cas un accident de service ou de travail.

         Ces jeunes collègues, qui n’avaient pas vécu la crise de l’année précédente, m’ont accordé leur confiance de la même façon que je leur avais accordé la mienne. J’en veux pour preuve la dédicace que m’a rédigée une écrivaine, que j’ai découverte en voyant qu’elle participait à une séance de signatures à L’escale du livre de Bordeaux : « Merci pour cette année sympathique, pour votre accueil chaleureux et vos sourires encourageants. Avec toute ma sympathie ».


        

 

  Mais il y avait aussi les grands moments de bonheur avec certains anciens, comme par exemple le collègue d’EPS qui partait à la retraite en même temps que moi et qui s’est investi pendant des années dans la section sportive volley-ball. Je n’ai pas fait de grand discours pour son départ, mais j’ai dit qu’il faisait partie des quelques personnes qui avaient jalonné ma vie et avec qui il y avait besoin de peu de mots puisque l’osmose était telle que l’on se retrouvait pratiquement toujours sur la même longueur d’ondes. Je pense que ce qui a a déclenché cette estime mutuelle (outre le fait que nous sommes devenus des lecteurs réguliers de Siné Hebdo), fut ma présence à Mérignac lors du match inter-académique de qualification pour les championnats de France. C’est probablement à ce moment-là que j’ai dit que j’accompagnerai l’équipe une année lors des championnats. Je ne pus le faire l’année suivante, et donc pour notre dernière année, Jean-Pierre m’a rappelé ma promesse. J’ai donc fait le chauffeur avec le mini-bus municipal jusqu’à Vichy où j’ai demandé à être présenté non pas comme Principal mais comme Président de l’Association Sportive.

 Hélas, ma présence n’a pas suffi à porter nos minimes sur la plus haute marche du podium, elles se sont contentées, comme l’année précédente, de la médaille d’argent. Mais quel grand moment !

Et ce n’est pas fini…

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